La médecine du travail comprend la visite d'embauche, la visite annuelle et depuis 1993 la surveillance particulière des travailleurs sur écran (exposés à la chaleur et/ou à la lumière, etc). La médecine du travail est une spécialité médicale qui concerne la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.
Le rôle du médecin du travail est préventif : il ne peut pas prescrire mais il veille à ce que la santé des salariés ne se détériore pas. De ce fait, il peut proposer une mutation de poste au salarié lorsque son âge, son état de santé ou sa résistance physique ne correspondent plus au travail exigé. L'inspecteur du travail peut intervenir si l'employeur n'est pas d'accord. Le contrat de travail peut être rompu alors des indémnités sont versées : suite à un grave accident de travail par exemple. La visite médicale est toujours à la charge de l'employeur. La visite médicale d'embauche et la visite médicale annuelle sont obligatoires (en France)
En effet, avec le développement de l'industrialisation, l'impact des conditions de travail sur la santé des travailleurs a pris une part de plus en plus importante, en particulier :
- risques d'accident liés à l'activité (chute de hauteur, erreur de manipulation de véhicules et engins de levage, risque d'écrasement et de plaies liés aux pièces en mouvement) ;
- risques liés à la posture : levage de charge, position assise durant une longue durée ;
- risques liés aux émanations de produits dangereux ;
- les problèmes liés au travail sur écran d'ordinateur.
Cela a mené à la création d'une spécialité médicale axée sur :
- l'analyse des risques ;
- le conseil et la formation des employés et des travailleurs ;
- le contrôle de la santé des travailleurs.
Histoire
Ramazzini un des précurseurs de la santé au travailLe premier ouvrage traitant des maladies du travail est l’oeuvre de Philippus Theophrastus Aureolus Bombastus von Hohenheim dit Paracelse (11 novembre1493 – 24 septembre 1541) alchimiste, astrologue et médecin suisse.
Il a écrit un traité fondateur Des mineurs et Le mal des montagnes et autres maladies des mineurs décrivant les risques professionnels liées à l’extraction des minerais et au travail des métaux et abordant leur traitement ainsi que les stratégies de prévention, ce qui fait de lui le précurseur de la médecine du travail.
La maladie qu’il a décrite et qu’on connaissait à l’époque sous le nom de mal des montagnes était due à une irradiation par le radon un gaz formé par la désintégration du radium qui se dégage des roches surtout dans les régions granitiques, volcanique et uranifères et s’accumule dans l’atmosphère des cavités souterraines mal ventilées (caves, mines). Son inhalation prolongée peut provoquer un cancer du poumon chez les professionnels exposés (mineurs) et même chez les habitants des maisons polluées par ces émanations naturelles.
Bernardino Ramazzini (1633–1714), professeur de médecine à Padoue, fut un autre précurseur dans le domaine des accidents du travail et de la « pathologie professionnelle ». Il précisa certaines mesures d'hygiène et de sécurité et essaya d'améliorer les conditions de travail et en se déplaçant sur les lieux de travail..
Son ouvrage, encore réédité, De morbis artificum diatriba, monumental « Traité des maladies des artisans » qui, pendant deux siècles, servira de référence absolue fut publié à Padoue en 1700, traduit en français, commenté et enrichi par Fourcroy en 1777. À cette date, la « pathologie professionnelle » était enseignée dans les facultés de médecine.
Percivall Pott (1713- 1788) est un chirurgien britannique qui a identifié pour la première fois une substance chimique comme étant la cause d’un cancer professionnel : En 1775 il a prouvé que la suie était responsable du cancer du scrotum des petits ramoneurs de Londres et a mis en cause les conditions de travail très dures des enfants qui devaient se faufiler à travers d’étroits conduits de cheminées encore brûlant et avaient en permanence la peau imprégnée de résidus de combustion de houille grasse.
Il explique la localisation des tumeurs par l’accumulation de particules fines de suie au niveau de la peau fine et plissée des bourses, facilitée par la sueur et incrimine aussi l’irritation par le frottement du pantalon et de la corde dont se servaient les ramoneurs pour descendre dans les cheminées. A cette époque les ramoneurs commençaient à travailler vers l’âge de 5 ans et le cancer apparaissait après la fin de leur activité professionnelle vers l’âge de 30 ans.
Malgré cette étude le travail des petits ramoneurs n’a été réglementé qu’en 1840 Lorsque la loi interdit d’employer pour le ramonage des enfants de moins de 10 ans le cancer continua à se manifester, mais seulement vers la quarantaine, ce qui démontre de façon quasi expérimentale une durée de latence constante entre le début du contact avec l’agent cancérogène et l’apparition de la maladie.
Le fait est peu connu, mais Benjamin Franklin (17 janvier 1706 - 17 avril 1790 qui en plus d’être un homme politique et un des pères fondateurs des états unis d’Amérique était un physicien et un scientifique curieux de tout, fut le premier à prouver que le plomb était la cause du saturnisme et à diagnostiquer la maladie chez des cristalliers et des céramistes. Il mentionne sa découverte dans une lettre fameuse datée de 1796 mais il fait remonter le début de ses travaux à plus de 60 ans auparavant.
Amédé Lefebvre directeur de l’Ecole de Médecine navale de Rochefort aurait fait la même découverte quelques années plus tard. expliquant les cas constatés chez les marins par la contamination de l’eau potable à bord des navires par les tuyaux en plomb.
Le véritable pionnier de la médecine du travail, celui qui a le premier attiré l’attention sur les conditions de travail abominables des ouvriers des manufactures au IXX ème siècle, est Louis René Villermé ( 10 mars 1782 - 16 novembre 1863), un médecin et sociologue français, ancien chirurgien de l'armée française puis de la Grande Armée.
Il abandonne la médecine en 1818 pour se consacrer à la question des inégalités sociales.
Au début du IXX ème siècle, des enfants de 5ans travaillaient couramment 15 Heures à 16 Heures par jour à dévider les trames dans les filatures. Les pouvoirs publics finirent par s'émouvoir, non pas tant des souffrances endurées que des statistiques fournies par les conseils de révision. Les jeunes ouvriers étaient si mal portants qu'on devait déclarer inaptes plus des deux tiers. On risquait de manquer de conscrits, c'est cela qui alarma les autorités. Le docteur Villermé fut chargé d'un rapport sur l'état de santé des ouvriers des manufactures.
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